Géothermie et séismes ?

Des tremblements de terre ont lieu quasiment chaque jour en Suisse. La plupart des secousses telluriques ne sont toutefois pas ou à peine ressenties. Il s’agit de microséismes de magnitudes allant jusqu’à environ 2,5. Des tremblements de terre ressentis régionalement, d’une magnitude excédant 2,5, sont aussi relativement fréquents en Suisse, à savoir entre 20 à 30 fois par an. Ils sont pour la plupart d’origine naturelle et ne causent généralement aucun dommage. 

En 2020, le Service Sismologique Suisse (SSS) a enregistré plus de 1400 tremblements de terre, ce qui correspond à une valeur supérieure à la moyenne pluriannuelle. Au SSS, il est possible de consulter tous les tremblements de terre des 90 derniers jours.

 

En 2020, le nombre de tremblements de terre excédant une magnitude de 2,5 a aussi été supérieur à la moyenne. Alors que 24 tremblements de terre de ce type ont eu lieu en moyenne ces 45 dernières années, 43 tremblements de terre ont été enregistrés au total en 2020.

 

 

Tremblements de terre engendrés par l’homme

Parmi les tremblements de terre engendrés par l’activité humaine figurent ceux provoqués dans le cadre de projets géothermiques. Nombre de gens se souviennent encore aujourd’hui des deux exemples les plus marquants qui ont eu lieu en Suisse, à savoir à Bâle (2006, magnitude 3,4) et à Saint-Gall (2013, magnitude 3,5), du fait de la pression exercée dans des couches de roches, et ce, pour des raisons complètement différentes :

  • À Bâle, on a foré à une profondeur de 5000 m dans l’intention d’agrandir des fissures naturelles dans des roches sèches et chaudes. De l’eau froide injectée devait s’y réchauffer et remonter à la surface sous forme d’eau chaude ou de vapeur. La terre a alors tremblé à Bâle du fait que l’eau avait été pompée dans le sous-sol à une trop forte pression. Le tremblement de terre a engendré l’interruption du projet géothermique « Deep Heat Mining ».
  • À Saint-Gall, de l’eau présente naturellement à une profondeur de 4500 m devait être utilisée. Il n’était pas prévu de pomper l’eau dans le sous-sol avec une pression plus importante, mais un écoulement inattendu de gaz naturel dans le trou de forage a contraint les auteurs du projet à cette démarche, et le trou de forage a dû pour ainsi dire être « bouché » grâce à une contre-pression élevée. Celle-ci a très probablement conduit à un tremblement de terre, d’une magnitude de 3,5. Le brûlage contrôlé du gaz naturel a permis plus tard de stabiliser le trou de forage. L'arrêt du projet a finalement n’est cependant pas dû au tremblement de terre proprement dit, mais au fait que l’eau chaude présente en profondeur présentait un débit insuffisant, et que l’apparition du gaz naturel a rendu le projet encore plus complexe. En fin de compte, le projet a été stoppé pour des considérations économiques.

 

 

Pas de pression à Macolin

Concernant le projet géothermique à Macolin, l'eau ne sera pas pompée à haute pression en profondeur. On procèdera plutôt à un forage pour atteindre de l’eau présente en profondeur et la ramener vers la surface. Dès que l’eau chaude aura été utilisée en surface, l’eau refroidie sera réinjectée dans le sol. La pression dans le sous-sol ne subira pratiquement aucun changement. En outre, la profondeur du forage y sera essentiellement plus faible. Les travaux exploratoires effectués permettent d'exclure de grosses surprises telles que le gisement de gaz naturel à Saint-Gall.

Il est impossible de garantir à 100% que le projet géothermique de Macolin n’engendrera jamais un tremblement de terre, mais cela est très peu probable. Il existe déjà de nombreux forages réalisés à cette profondeur ou à des profondeurs plus importantes, également dans des zones résidentielles. C'est par exemple le cas en Suisse à Riehen (1500 m, installation en service depuis 25 ans), à Zurich (projet Triemli, 2400 m) ou dans le cadre de divers bains thermaux dans le Mitteland (Bad-Schinznach, Bad Lostorf). Des forages ont ainsi été réalisés à une profondeur de plus de 2400 m à Hermrigen, à quelque six kilomètres au sud de Macolin. Dans le cadre de rares forages d’exploration de pétrole ou de gaz naturel en Suisse, on a déjà atteint des profondeurs entre 5000 et 6000 mètres.


En Suisse, des forages profonds ont atteint une profondeur de près de 6000 mètres. Des tremblements de terre ont eu lieu à Bâle et à Saint-Gall lorsque de l’eau a été pompée vers le sous-sol à une trop forte pression.

 

 

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